Glossaire de la numismatique I : Considérations générales

Temps de lecture : 7'14"
Livre et Bourse

Illustration : "Nature morte avec livre et bourse" par Gerard Dou (1647)

 

Série Glossaire de la Numismatique 
Episode I - “Considérations générales et génériques”

Voici le premier épisode d’un petit précis de vocabulaire à portée didactique et à destination des curieux, des néophytes, des amoureux de la monnaie, et plus si affinités.

Avant toute plongée en apnée dans les arcanes de la numismatique, commençons donc par l’équipement nécessaire dans ce premier épisode en évoquant quelques considérations générales avant d’aborder des termes plus pointus à l’occasion des prochains. Pour filer la métaphore, commençons par les bouteilles d’oxygène avant d’enfiler le scaphandre.

Autrement dit, abordons l’avers afin d’éviter les revers (vous l’avez ?).

Un collectionneur averti en valant deux, voici donc 15 définitions indispensables, classées par ordre alphabétique, comme tout glossaire qui se respecte.

 

AVERS

Inutile de tirer à pile ou face, celui-ci est le côté face.

Et pour cause, l’avers d’une monnaie est le côté présentant l’effigie. Par exemple un portrait de roi ou de reine.

Si aucun portrait n’est présent, dans ce cas, l’avers sera le côté portant le nom de l’émetteur. Par exemple, Louis XIV ou République Française (RF).

 

BILLETOPHILIE

Le terme est récent et n’est cité pour la première fois qu’en 1984 dans le “Journal de l’année” de Larousse.

“Dans le domaine de la numismatique, un nouveau secteur s’est ouvert avec aux amateurs de billets de banque avec plusieurs ventes à Drouot et l’ouverture, pour la première fois à Paris, d’un “Salon du billet de banque et du papier monnaie” organisé par l’expert numismate Alain Weil. Après la scripophilie (actions périmées), la billetophilie est née.”

Titre :  Journal de l'année - Éditeur :  Larousse (Paris) - Date d'édition :  1984
Source : Gallica

Voici donc un mot mis récemment sur une activité plus ancienne : l’art de collectionner les billets de banque et le papier monnaie.

Le billet quant à lui n’est pas né d’hier.

 

Au VIIIème siècle les chinois imprimaient déjà des billets numérotés sur de l’écorce de mûrier. Pour arriver en Europe, en Suède plus précisément, au XIIème siècle, avec l’apparition des premiers filigranes.

 

COLLECTION

 

Réunion d’objets rassemblés et classés en fonction de critères divers établis… par le collectionneur. Vous trouverez plusieurs idées et exemples dans nos Inspirations.

 

 

DENOMINATION

Nom de la monnaie dont il est question.

Appelons un chat un chat et un Napoléon un Napoléon, le tout entre deux livres Sterling et sans faire de Drachme, s’il vous plaît.

 

ECHELLE DE SHELDON

Echelle

 

 

Point de barreaux ici mais une évaluation objective d’une monnaie basée sur deux principes : la rareté et l’état de conservation. Monsieur William Sheldon, américain de son état et sans rapport connu à ce jour avec la théorie du Big Bang, a établi celle-ci en 1948.

L’état de conservation va de 1 à 70. 70 étant la note maximum (autrement dit un état impeccable).

L’état de rareté va de R1 à R8. Pour le R1, ce sont plus de 10 000 exemplaires qui ont été émis (et c’est monnaie courante si j’ose dire). Pour le R8, c’est de l’ordre de la trouvaille digne d’un musée (1 à 3 exemplaires connus). On peut commencer à dire d’une monnaie qu’elle est rare à partir du barreau R5.

Cela posé, pour certaines monnaies, cela est extrêmement délicat à évaluer (allez donc demander à Alexandre le Grand combien d’exemplaires de drachmes il a fait frapper et revenez nous voir).

Pour voir quelques-unes de nos dernières monnaies rares disponibles, rendez-vous ICI

 

ESSAI

 

Pour une tentative c’est un coup de maître. Trêve de plaisanterie, il s’agit de monnaies généralement non mises en circulation ayant servi à tester un concept ou une technique ou encore ayant concouru pour le choix d’un nouveau type de monnaie. Comment les repérer ?

C’est simple, c’est marqué - ou plutôt gravé - dessus.

 

Par exemple, ici sur ces 300 Cruzeiros brésiliens en cuivre de 1972 :

Essai

 

MONNAIE ANCIENNE

 

Terme assez généraliste recouvrant toute monnaie émise entre la fin de l’Antiquité et la Révolution Française (ou période équivalente à l’étranger).

Ici ¼ Thaler allemand du XVIème siècle :

 

 

MONNAIE ANTIQUE

 

Une monnaie antique, comme son nom l’indique, date donc de l’antiquité.

Une monnaie postérieure au Vème siècle n’est donc plus considérée comme antique car consécutive à la chute de l’Empire Romaine (476 après J.C selon l’acception conventionnelle même si les points de vue peuvent diverger sur cette date). A ce moment là, débute le Moyen Age.

On pense que les premières pièces antiques furent émises en Lydie (ancien pays d’Asie Mineure). Il ne pouvait en être autrement, puisque leur roi le plus connu se nommait Crésus et que leur capitale, Sardes, était traversée par le fleuve Pactole.

Plus pragmatiquement, ils disposaient de ressources minières non négligeables et d’un positionnement géostratégique incitant à l’application de taxes de douane.

On retiendra notamment, parmi les pièces antiques, les grecques, les romaines, les byzantines ou encore les gauloises.

Chacune dispose de ses propres caractéristiques. En Grèce, par exemple, chaque cité adoptait un emblème qui figurait sur leur monnaie, la chouette pour Athènes ou encore le quadrige pour Syracuse.

 

 

 

MONNAIES COMMéMORATIVES

Ne gravez plus une date dans la pierre, gravez là dans du métal ou imprimez-là sur du papier monnaie.

 

Les monnaies commémoratives servent à marquer un événement particulier pour l’état qui les émet.

Souvent originales dans leur conception visuelle et frappées à un nombre d’exemplaire restreint, elles sont rarement utilisées dans le commerce mais ont la faveur du collectionneur.

Il peut s’agir autant de pièces de monnaie que de médailles ou encore de billets.

Ici, par exemple, un billet commémoratif philippin :

 

 

 

MONNAIE DEMONETISéE



Si vous essayez de payer votre baguette de pain en francs, vous devriez expérimenter pleinement cette définition.

Il s’agit d’une monnaie n’ayant plus cours et dont le pouvoir de paiement a été supprimé.

 

MONNAYAGE DE NéCESSITé

 

Les monnaies de nécessité sont des espèces monétaires émises en urgence en dehors du système légal habituel de la monnaie en raison de circonstances exceptionnelles.

Par exemple lorsqu’il n’y a pas suffisamment de monnaie en circulation pour diverses raisons : un siège, une pénurie de métal, etc...

Parcourir les monnayages de nécessité du catalogue.

 

NUMISMATE

Et voici une double définition.

 

En effet, un numismate peut tout aussi bien désigner un collectionneur qu’un scientifique.

Le premier collectionne, le second étudie. Tous les deux sont des passionnés et tous les deux se penchent sur les monnaies, les médailles et autres espèces monétaires.

A noter qu’à défaut d’être une science, collectionner est tout un art…

 

NUMISMATIQUE

Du latin “numisma” et du grec “νυμισμα”.

 

 

Ce n’est pas forcément une évidence mais la numismatique est une science.

Une science traitant de l’histoire des monnaies, des médailles, des jetons ou encore des méreaux (sorte de jeton ayant une fonction de monnayage de nécessité). Elle traite également de la description de ces monnaies et établit une classification précise et datée de celles-ci.

En dehors des collectionneurs, cette science est notamment très utile voire indispensable aux historiens, aux géographes, aux iconographes, aux économistes ou encore aux archéologues pour dater leurs découvertes.

L’invention de la monnaie est difficile à dater, mais semble remonter (sous forme d’objet métallique) environ au VIIème siècle avant J.C en Orient et en Occident. Auparavant, une phase intermédiaire entre le troc et la monnaie semble avoir établi des échanges d’objets “symboliques” (comme par exemple les Cauris, des coquillages ayant servi de monnaie à partir du XIIIème siècle avant J.C).

Les médailles, elles, sont beaucoup plus “récentes” et commencent à être frappées à la fin du XIVème siècle en Italie, concomitamment à l’apparition des premières banques.

 

 

REVERS

 

Une définition à ne pas balayer d’un … de main si l’on s’intéresse à la numismatique.

Le revers est le côté pile en langage courant et il ne se définit qu’en fonction de son opposition au côté face, soit l’avers (voir plus haut).

Autrement dit, c’est en définissant l’avers que vous pourrez déterminer le revers.

 

Attention, il y a des pièges, ici une monnaie frappée sous Louis XIII. Double tournois… Double revers.

 

Double revers

 

VALEUR FACIALE

1000 francs

La valeur faciale d’une monnaie est celle inscrite sur celle-ci et établie par convention au moment de son émission.

 

C’est tout pour aujourd’hui !

Rendez-vous au prochain épisode pour aborder le vocabulaire concernant la pièce de monnaie à proprement parler ! Ne dit-on pas propre comme un sou neuf ?

En attendant, vous voilà désormais prêt(e) pour entamer ou poursuivre votre collection !

 

 

NB : retrouvez ci-dessous toutes les monnaies citées dans cet article ou bien directement dans la collection liée ici.

Sélection publiée le 14/12/2017
Thèmes de l'article :
Glossaire Guides